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    Amazon FBA

    Amazon FBA : comment bâtir une marque qui vaut des millions ?

    Comment construire une marque Amazon FBA rentable, protégée de la concurrence et attractive pour les investisseurs ? Stratégies concrètes et chiffres à l'appui.

    Julien Oseille TV

    CEO

    PUBLIÉ

    20 févr. 2026


    Passer d'un simple produit à une marque valorisée à plusieurs millions de dollars, c'est le rêve de beaucoup de vendeurs Amazon FBA, mais très peu y parviennent. La différence entre ceux qui stagnent et ceux qui bâtissent de véritables empires tient rarement à un hack ou un coup de chance. Elle tient à une méthode, une vision long terme, et une exécution sans faille.

    Pour comprendre ce qui fonctionne vraiment à très haut niveau, j'ai interviewé Pierre Poignant, cofondateur d'Essor, l'un des rares agrégateurs Amazon FBA à avoir survécu à la vague de faillites qui a frappé le secteur. Son parcours est impressionnant : après avoir cofondé Lazada (le Amazon d'Asie du Sud-Est, revendu à Alibaba), il dirige aujourd'hui un portefeuille de marques qui génère 400 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel.

    Dans cet échange, Pierre partage sans filtre les méthodes qui font la différence : comment son équipe lance 300 à 400 nouveaux produits par an, pourquoi certaines marques comme Boka sont passées de 8 à plus de 100 millions de dollars, et quels sont les critères pour créer un business Amazon FBA réellement vendable.

    Que vous lanciez votre premier produit ou que vous cherchiez à structurer votre marque pour passer un cap, cet article vous donne les clés concrètes pour y arriver.


    Points clés de l'article :

    • Qu'est-ce qu'un agrégateur Amazon FBA ? Comprendre ce business model et pourquoi Essor a survécu là où d'autres ont échoué.

    • Lancer des produits à grande échelle : Les différentes stratégies de lancement pour maximiser son taux de succès.

    • Se protéger de la concurrence : Les fondamentaux pour rester leader sur ses niches et pivoter au bon moment.

    • L'effet multicanal : Comment la présence sur Walmart, Target et TikTok booste les ventes Amazon.

    • Valorisation d'un business Amazon FBA : À combien se vend une marque aujourd'hui et comment maximiser son multiple.


    Qu'est-ce qu'un agrégateur Amazon FBA et comment ça fonctionne ?



    Un agrégateur Amazon FBA est une entreprise qui rachète des marques vendant sur Amazon pour les regrouper sous une même structure. Le principe est simple : acquérir des business rentables, les optimiser en s'appuyant sur des ressources mutualisées, puis accélérer leur croissance.

    Ce business model, qu'on appelle aussi roll-up, n'a rien de nouveau. Des groupes comme LVMH fonctionnent exactement sur ce principe : racheter des marques complémentaires et leur apporter une expertise centralisée pour les faire grandir. La différence, c'est qu'ici, le terrain de jeu est Amazon.

    L'avantage pour les marques rachetées ? Accéder à des compétences qu'un entrepreneur solo ne peut pas se payer : experts en PPC, spécialistes de la supply chain, équipes dédiées au multicanal... Autant de leviers qui permettent de passer un cap que beaucoup de vendeurs n'atteignent jamais seuls.

    Pourquoi la plupart des agrégateurs ont échoué ?

    Entre 2020 et 2021, des dizaines d'agrégateurs se sont lancés, portés par l'explosion du e-commerce pendant le Covid et des levées de fonds massives. Mais à partir de 2022, le marché s'est retourné : hausse des taux d'intérêt, problèmes de supply chain, inflation des coûts... Au final, la majorité a fait faillite.

    Selon Pierre, plusieurs erreurs ont été fatales. D'abord, beaucoup d'agrégateurs rachetaient des business trop petits sans garder les fondateurs à bord. Or, ces entrepreneurs étaient souvent le cœur de la machine : ils connaissaient leur produit, leur client, les subtilités de leur niche. Sans transmission de cette connaissance, les performances s'effondraient.

    Ensuite, certains agrégateurs excellaient dans la levée de fonds mais manquaient d'expérience opérationnelle sur Amazon. Gérer une marketplace demande une certaine agilité, une capacité à naviguer dans les zones grises que des profils trop "corporate" n'avaient pas.

    Essor a fait le choix inverse : se concentrer sur des marques plus importantes, garder les fondateurs impliqués pendant la transition, et s'appuyer sur l'expérience de Pierre qui avait déjà construit Lazada, une marketplace de 15 milliards de dollars de volume.


    Les chiffres derrière l'agrégateur Essor



    Pour comprendre ce qui fonctionne à grande échelle sur Amazon, rien de mieux que de regarder les chiffres concrets d’un agrégateur. Essor, c'est aujourd'hui :

    • 400 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel

    • 300 collaborateurs répartis dans le monde entier

    • Un portefeuille d'environ 2 000 références produits

    • Une marge à deux chiffres (plus de 10 % de profit)

    Une structure internationale

    L'entreprise est incorporée aux États-Unis (Delaware), où se concentre l'essentiel de l'activité. Deux bureaux américains gèrent les marques : l'un à Minneapolis, l'autre à Boston. Le siège opérationnel se trouve à Paris, avec une quarantaine de collaborateurs qui pilotent la supply chain, la finance et les fonctions plateforme.

    Mais la force de frappe se situe aussi aux Philippines, où plus d'une centaine de personnes gèrent les opérations quotidiennes : service client, création d'images, gestion des listings... Pierre souligne également la qualité des talents en Amérique latine, notamment au Venezuela et en Argentine, pour tout ce qui touche à la création de contenu et à la compréhension du marché américain.

    Répartition des ventes par canal

    Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Essor ne mise pas tout sur Amazon. Voici la répartition actuelle :

    • Amazon US et Europe : environ 80-85 % du chiffre d'affaires

    • Retail (Walmart, Target) : 10 à 15 %

    • D2C / Shopify : environ 5 %

    L'Europe représente environ 15 % des ventes Amazon, contre 85 % pour les États-Unis. Cette concentration sur le marché américain n'est pas un hasard : le volume y est 10 à 15 fois supérieur à celui de la France, ce qui permet de négocier de meilleurs coûts de production et d'amortir plus facilement les investissements.


    Les marques qui font le succès d'Essor

    Le portefeuille d'Essor se divise en deux grandes catégories : 70 % de produits consommables (beauté, soins personnels, compléments alimentaires) et 30 % de produits pour la maison, principalement sourcés en Chine.



    Boka : de 8 à plus de 100 millions de dollars

    Boka est sans doute le plus beau succès du portefeuille. Ce dentifrice sans fluor, formulé à base d'hydroxyapatite (un composant naturel de l'émail dentaire), était une marque de niche lors de son rachat. Elle générait alors 8 millions de dollars par an.

    Aujourd'hui, Boka dépasse les 100 millions de dollars annuels et se positionne comme le premier dentifrice sur Amazon US. En tant que marque, elle se classe troisième sur Amazon, face aux géants Colgate, Crest et Sensodyne qui dominent 90 % du marché américain du dentifrice.

    Comment expliquer une telle croissance ? Plusieurs facteurs se sont alignés. D'abord, une tendance de fond : le débat sur les effets du fluor a pris de l'ampleur aux États-Unis, poussant de nombreux consommateurs vers des alternatives. Ensuite, Essor a su étendre la gamme (produits pour enfants, blanchiment...), créer une véritable identité de marque, et surtout, positionner Boka en retail chez Walmart et Target. Cette présence physique a généré un effet de halo sur les ventes Amazon : les clients découvrent le produit en magasin, puis rachètent en ligne.

    Les autres locomotives du portefeuille

    • Viking Revolution : marque de produits pour hommes (barbe, soins capillaires...), environ 50 millions de dollars sur Amazon. Probablement la plus grande marque de son segment sur la plateforme.

    • Fullstar : gamme d'ustensiles de cuisine (coupe-légumes notamment), environ 50 millions de dollars.

    • Puracy : produits ménagers à base d'enzymes végétales, positionnés sur le segment "naturel".

    • OTOTO : produits design pour la maison, environ 20 millions de dollars, avec une forte viralité sur TikTok.

    • Rockin’ Green : lessive spécialisée pour vêtements de sport, une niche ultra-ciblée où Essor détient 40 % de part de marché sur Amazon.

    Ce qui ressort de ce portefeuille, c'est la diversité des approches : certaines marques dominent des niches étroites, d'autres attaquent des marchés de masse. Mais toutes partagent un point commun : un produit supérieur à un prix compétitif, porté par une vraie connaissance du client.


    Comment lancer 300 à 400 nouveaux produits par an ?

    Lancer un produit sur Amazon, la plupart des vendeurs savent le faire. Mais sortir 300 à 400 produits par an tout en maintenant un taux de succès de 70 %, c'est une autre histoire. Chez Essor, ce rythme soutenu repose sur une méthodologie précise et une organisation rodée.



    Les trois types de lancements

    Tous les produits ne demandent pas le même niveau d'investissement ni de validation. Pierre distingue trois catégories :

    Les variations simples : une nouvelle senteur, une nouvelle couleur, un packaging différent. Le produit de base existe déjà et performe bien. L'équipe ajoute simplement une déclinaison. Par exemple, si un shampoing de la marque Viking Revolution fonctionne en bois de santal, on le décline en vanille. Le taux de succès ici frôle les 90-95 % puisque le marché est déjà validé.

    Les produits adjacents : même formule, mais application différente. Un détachant en spray qui devient un crayon détachant, par exemple. Le produit à l'intérieur reste identique, seul le format change. Si ça ne fonctionne pas, le risque est limité : on fusionne les listings et on écoule le stock. Pas de perte sèche.

    Les nouvelles niches : c'est le pari le plus risqué. L'équipe attaque un marché où elle n'est pas encore présente. Le taux de succès descend alors à 50 % environ, mais c'est aussi là que se trouvent les plus gros potentiels de croissance.

    Les critères de validation d'un lancement

    Avant de valider un nouveau produit, Essor applique des règles strictes :

    • La quantité minimum de commande (MOQ) doit représenter moins de 6 mois de ventes prévisionnelles. Si le fournisseur exige un volume trop important par rapport au potentiel estimé, le projet est abandonné.

    • Le produit peut être en perte pendant 3 mois maximum, puis doit atteindre l'équilibre sur les 3 mois suivants.

    • L'objectif de marge se situe entre 20 et 25 % une fois le produit stabilisé.

    Cette rigueur explique pourquoi Essor arrête également 100 à 150 produits par an. Un produit dont la rotation ralentit ou dont la marge se dégrade est coupé rapidement. Le capital immobilisé dans du stock dormant, c'est du capital qui ne travaille pas ailleurs.

    Une organisation dédiée

    Chez Essor, ce ne sont pas les brand managers (gestionnaires de marque) qui développent les nouveaux produits. Ils gèrent le quotidien de leurs marques. Une équipe séparée, spécialisée dans le développement produit, travaille sur les roadmaps (feuilles de route) à 6-9 mois. Elle collabore avec les fournisseurs sur les formulations, gère les aspects réglementaires et coordonne les lancements.

    Pour environ deux brand managers, il y a une personne dédiée aux nouveaux produits. Cette séparation des rôles permet à chacun de rester concentré sur son périmètre sans se disperser.


    Comment se protéger de la concurrence sur Amazon ?

    La question revient systématiquement chez les vendeurs Amazon FBA : comment éviter de se faire copier ? Comment maintenir sa position quand de nouveaux concurrents débarquent chaque semaine ? La réponse de Pierre est directe : tout repose sur des fondamentaux.



    Un bon produit au bon prix : la base indiscutable

    Avant de parler de stratégies complexes, Pierre rappelle l'essentiel : un bon produit au bon prix. Si votre offre apporte une vraie valeur au client et reste compétitive, vous avez déjà une longueur d'avance. Les clients reviendront, les avis positifs s'accumuleront, et votre position se consolidera naturellement.

    Ça paraît simple, mais beaucoup de vendeurs négligent ce principe. Ils cherchent des hacks, des raccourcis, alors que la vraie protection vient de la qualité intrinsèque de ce qu'ils proposent.

    Pivoter en permanence

    Le marché Amazon évolue vite. Ce qui fonctionne aujourd'hui peut devenir obsolète dans six mois. Chez Essor, les équipes ajustent les produits en continu : nouveau prix pour contrer un concurrent agressif, reformulation pour répondre à une tendance, packaging adapté à un nouveau segment.

    Un exemple concret : quand Boka a vu des concurrents arriver avec des dentifrices à 10 dollars, l'équipe a réagi en sortant un format plus petit sur ce même prix. Plutôt que de subir, ils ont pris les devants.

    Les leviers tactiques

    Au-delà du produit, plusieurs éléments permettent de défendre sa position :

    • Le positionnement sur les bons mots-clés : être présent au bon moment, sur les bonnes requêtes.

    • Les images qui percent l'écran : sur une page de résultats, votre miniature doit capter l'attention immédiatement.

    • Les bundles et multipacks : ils permettent de ressortir sur des requêtes connexes et d'augmenter le panier moyen.

    • Suivre les tendances : si "Made in America" devient un argument de vente, il faut l'afficher. Six mois plus tard, ce sera peut-être autre chose.

    La clé, selon Pierre, c'est de ne jamais considérer sa position comme acquise. Le jour où vous arrêtez d'améliorer votre offre, quelqu'un d'autre le fera à votre place.


    Le multicanal : l'effet de halo entre Amazon, Retail et TikTok

    Beaucoup de vendeurs Amazon FBA restent focalisés sur une seule plateforme. C'est compréhensible quand on débute : maîtriser un canal demande déjà beaucoup d'énergie. Mais à partir d'un certain niveau, le multicanal devient un accélérateur de croissance redoutable.



    L'effet de halo du retail sur Amazon

    Quand Essor a lancé le dentifrice Boka chez Walmart et Target, quelque chose d'inattendu s'est produit : les ventes Amazon ont accéléré. Les clients voyaient le produit en rayon, le testaient en magasin, puis le rachetaient en ligne. La présence physique rassurait, surtout pour un produit qu'on met dans sa bouche.

    Ce phénomène, Pierre l'appelle l'effet de halo. Les canaux ne se cannibalisent pas, ils se renforcent mutuellement. Un client qui découvre votre marque chez Target devient un acheteur potentiel sur Amazon, et inversement.

    TikTok comme amplificateur

    Le même effet se produit avec les réseaux sociaux. Quand une vidéo présentant l'un de leurs produits devient virale sur TikTok, les équipes observent immédiatement des pics de ventes sur Amazon. Mieux encore : quand le contenu TikTok montre que le produit est disponible chez Walmart, les clients se déplacent en magasin pour l'acheter.

    Cette synergie entre canaux crée un cercle vertueux : plus vous êtes visible à différents endroits, plus chaque canal performe individuellement.

    Pourquoi rester focalisé malgré tout ?

    Attention cependant : Pierre met en garde contre la tentation de se disperser. Être présent sur 10 marketplaces sans en maîtriser aucune est contre-productif. Essor reste concentré sur Amazon US, le retail américain (Walmart, Target) et Shopify pour le D2C (les ventes directes). Pas de Lazada, pas de marketplace européenne secondaire.

    La raison est simple : chaque canal demande une expertise spécifique. Les réglementations diffèrent, les attentes clients aussi. Mieux vaut exceller sur trois canaux que d'être médiocre sur dix.

    Pour un vendeur qui démarre, le conseil est clair : dominez d'abord Amazon. Devenez leader sur votre niche, accumulez les preuves de succès, puis utilisez cette crédibilité pour approcher le retail. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé avec Boka : ce n'est pas Essor qui a démarché Walmart, c'est Walmart qui est venu les chercher parce qu'ils étaient numéro 1 sur Amazon.


    À combien se vend un business Amazon FBA aujourd'hui ?

    La question de la valorisation revient souvent chez les vendeurs Amazon FBA. Après tout, si vous construisez un actif, autant savoir ce qu'il pourrait valoir un jour. Le marché a considérablement évolué ces dernières années, et les multiples de 2021 ne sont plus qu'un lointain souvenir.



    Les multiples qui varient selon la taille du business

    Pierre est clair sur les chiffres. Pour un petit business Amazon FBA (autour de 4-5 millions de chiffre d'affaires, non leader sur sa niche), comptez un multiple de 2 à 3 fois le profit annuel.

    Pour les business plus importants (ceux qui dépassent les 20 millions de chiffre d'affaires, qui sont multicanaux et disposent d'une marque établie), on entre dans une autre catégorie. Les multiples grimpent alors entre 4 et 8 fois le profit annuel, se rapprochant des standards du private equity traditionnel.

    L'effondrement par rapport à 2021

    Pour remettre les choses en perspective : en 2021, au pic de la bulle, certains business se vendaient 5 à 6 fois le profit annuel, même pour des marques relativement modestes. L'afflux de liquidités post-Covid et l'euphorie autour du e-commerce avaient gonflé les valorisations de manière artificielle.

    Aujourd'hui, le marché s'est assaini. Les agrégateurs qui ont survécu sont plus sélectifs, les critères plus stricts. Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle : cela signifie que les business solides conservent leur valeur, tandis que les montages fragiles ne trouvent plus preneur.

    Ce qui fait la différence dans une valorisation

    Voici les éléments qui permettent de maximiser le multiple de revente :

    • La taille : plus le business est gros, plus le multiple est élevé.

    • Le multicanal : une présence sur Amazon, en retail et en D2C rassure les acheteurs.

    • La récurrence : des produits consommables avec du repeat purchase (achat récurrent) valent plus que des achats uniques.

    • L'équipe en place : un business qui tourne sans le fondateur se vend mieux qu'un business dépendant d'une seule personne.

    • La propreté des comptes : entité séparée, comptabilité claire, historique de performance documenté.


    Conseils pour créer une marque Amazon FBA vendable

    Construire un business dans l'optique de le revendre, c'est tentant. Mais Pierre met en garde contre cette approche : si vous ne pensez qu'à l'exit, vous risquez de passer à côté de ce qui crée vraiment de la valeur.



    Ne construisez pas uniquement pour vendre

    Les acheteurs (qu'il s'agisse d'agrégateurs ou d'investisseurs privés) repèrent très vite les business montés pour faire "joli" sur le papier. Un entrepreneur focalisé sur la revente aura tendance à optimiser les mauvaises métriques, à négliger les fondamentaux, ou à prendre des décisions court-termistes.

    Le paradoxe, c'est que les business qui se vendent le mieux sont ceux construits comme si le fondateur ne voulait jamais les vendre. Une vraie marque, pensée pour durer 5, 10, 15 ans, avec une vision produit claire et une connaissance fine du client.

    La passion du produit reste la clé

    Pierre l'a observé sur des dizaines d'acquisitions : les marques qui performent le mieux sont celles portées par des entrepreneurs passionnés par leur produit. Pas des arbitragistes qui ont repéré une niche sous-exploitée, mais des gens qui comprennent intimement les besoins de leurs clients.

    Cette connaissance produit est extrêmement difficile à transmettre. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'Essor garde les fondateurs impliqués après l'acquisition, parfois pendant plusieurs années. Le savoir-faire accumulé vaut de l'or.

    Construisez une communauté autour de votre marque

    Un conseil que Pierre donne aux vendeurs actuels : ne vous limitez pas à Amazon. Les marques qui cartonnent aujourd'hui sont celles qui ont su créer une communauté autour de leur produit, notamment via les réseaux sociaux.

    TikTok, en particulier, est devenu un levier puissant. Des marques comme NOBS (tablettes de dentifrice) ou Vacation (crème solaire au branding rétro) ont explosé en combinant un produit différenciant et une présence sociale forte. Les clients deviennent ambassadeurs, le bouche-à-oreille fait le reste.

    Cette communauté représente un actif à part entière lors d'une revente. Un fichier client engagé, une audience qui suit la marque, c'est beaucoup plus difficile à répliquer que du ranking Amazon.

    Les premiers recrutements pour scaler

    Quand vient le moment de déléguer, Pierre recommande de commencer par :

    • La création de contenu : images, vidéos, tout ce qui alimente vos listings et vos réseaux sociaux.

    • La supply chain : quelqu'un pour tracker les commandes fournisseurs et gérer les imprévus.

    • L'opérationnel quotidien : une personne capable de gérer la boutique pendant que vous réfléchissez à la stratégie.

    Le piège classique, c'est de recruter trop tard. Beaucoup de vendeurs restent bloqués à un palier parce qu'ils veulent tout gérer eux-mêmes. Pierre l'admet lui-même : sur certains de ses business, il a perdu de l'argent en tardant à déléguer.


    Les opportunités Amazon FBA : un marché encore loin d'être saturé

    C'est une objection qu'on entend souvent : "Il n'y a plus d'opportunités sur Amazon, toutes les niches sont prises." Pierre a une réponse simple à cette objection : si des gens pensent ça, c'est justement qu'il y a encore des opportunités. Et les chiffres lui donnent raison.



    Le e-commerce n'en est qu'au début

    Aux États-Unis, le e-commerce ne représente qu'environ 15 % du commerce total. En Asie, certains pays atteignent 30 à 40 %. La marge de progression reste donc considérable.

    Prenez l'exemple du dentifrice : le marché américain représente 5 milliards de dollars. Sur Amazon, on en est à peine à 400 millions, soit moins de 10 % de pénétration. Pour Essor, le calcul est simple : être positionné en tant que leader aujourd'hui, c'est s'assurer de capter la croissance du marché à mesure qu'il se développe."

    Les secteurs à surveiller

    Pierre identifie plusieurs catégories où le e-commerce est encore peu présent mais va s'accélérer :

    • L'alimentation (food) : encore peu développée sur Amazon, mais les habitudes changent.

    • L'habillement : un secteur compliqué (beaucoup de retours), mais qui a explosé sur les marketplaces asiatiques comme Tmall. L'Europe et les États-Unis devraient suivre.

    L'idée, c'est de repérer les marchés en création et de s'y positionner au bon moment. Trop tôt, le volume n'est pas là. Trop tard, la concurrence est déjà installée. Le timing est essentiel.

    France vs États-Unis : deux mentalités différentes

    Pierre note une différence culturelle importante. Aux États-Unis, aucun entrepreneur sérieux qui lance une marque grand public ne se pose la question d'être sur Amazon ou non. C'est une évidence, ça fait partie du paysage.

    En France, beaucoup de créateurs de marques considèrent encore qu'Amazon pourrait "dégrader leur image". Cette mentalité est un frein, mais aussi une opportunité pour ceux qui n'ont pas ces préjugés. Le marché français va progressivement se rapprocher du modèle américain, et les premiers à s'y positionner sérieusement auront une longueur d'avance.

    Sur quel marché se lancer ?

    Pour un entrepreneur français sans lien particulier avec les États-Unis, Pierre conseille de commencer en Europe. Non pas parce que le marché américain n'est pas accessible, mais parce que la compréhension fine du client est essentielle pour construire une vraie marque.

    Si vous connaissez le consommateur français ou européen, vous serez plus pertinent dans vos choix produits, votre branding, votre communication. Ensuite, rien n'empêche de s'étendre aux États-Unis une fois les bases solides.

    Les opportunités ne disparaissent pas. Elles se déplacent. À vous de les identifier avant les autres.


    Conclusion

    En résumé, construire une marque Amazon FBA à fort potentiel ne repose pas sur des hacks ou des raccourcis, mais sur des fondamentaux solides appliqués avec rigueur.
    Cet échange avec Pierre Poignant met en lumière ce qui sépare les vendeurs qui stagnent de ceux qui bâtissent de véritables actifs : un produit de qualité à un prix compétitif, une capacité à pivoter rapidement face à la concurrence, une vision multicanale qui amplifie chaque canal plutôt que de les opposer, et surtout, une approche long terme qui transforme un simple listing en marque reconnue.
    Les opportunités sur Amazon n'ont pas disparu, elles se sont simplement déplacées vers ceux qui comprennent que le e-commerce ne fait que commencer à conquérir le marché retail.

    Que vous souhaitiez lancer votre premier produit ou structurer une marque déjà existante pour la rendre vendable, la clé reste la même : se former, s'entourer et exécuter avec méthode. Pour acquérir les compétences nécessaires et éviter les erreurs coûteuses, découvrez notre formation complète pour vendre sur Amazon FBA qui vous accompagne de la stratégie produit jusqu'au scaling. Et si vous souhaitez bénéficier d'un accompagnement personnalisé pour accélérer vos résultats, notre mentorat Amazon FBA pour développer votre marque vous permet d'avancer avec un expert à vos côtés, étape par étape.


    FAQ

    Combien vaut un business Amazon FBA ?

    Un business Amazon FBA de taille moyenne (4-5 millions de dollars de CA) se vend aujourd'hui entre 2 et 3 fois le profit annuel. Pour les marques plus importantes, multicanales et bien structurées (plus de 20 millions de CA), les valorisations peuvent atteindre 4 à 8 fois le profit. En comparaison, les multiples atteignaient 5 à 6 fois en 2021.

    Combien de temps faut-il pour lancer un produit Amazon FBA ?

    Chez Essor, le cycle entre l'idée et le lancement sur Amazon est de 6 à 9 mois. Ce délai inclut la recherche d'opportunités, la négociation avec les fournisseurs, la formulation du produit et la préparation du lancement. Pour les variations sur des produits existants, ce délai est beaucoup plus court.

    Quelle marge viser sur un produit Amazon FBA ?

    Essor vise une marge de profit de 20 à 25 % par produit une fois celui-ci stabilisé. Un nouveau produit peut être en perte pendant les 3 premiers mois, puis doit atteindre l'équilibre sur les 3 mois suivants avant de devenir rentable.

    Quels outils utiliser pour gérer un business Amazon FBA ?

    Essor utilise principalement Helium 10 pour l'analyse des données Amazon et le suivi des mots-clés. L'équipe s'appuie également sur un data warehouse interne qui centralise toutes les données (ventes, ranking, finances). D'autres outils comme Jungle Scout, Sellerise ou Similarweb sont utilisés ponctuellement selon les besoins.

    Est-ce rentable de vendre sur Amazon FBA ?

    Oui, le marché reste très porteur. Aux États-Unis, le e-commerce ne représente que 15 % des transactions retail, contre 30-40 % en Asie. La marge de progression est donc énorme. Par exemple, le marché du dentifrice aux États-Unis pèse 5 milliards de dollars, mais Amazon n'en capte que 400 millions, soit moins de 10 %.

    Auteur

    Julien Oseille TV

    CEO

    Passionné par l'e-commerce, le business en ligne et l’expatriation, j’ai bâti ma liberté en lançant mon premier produit sur Amazon il y a 9 ans, puis en explorant les meilleures stratégies pour entreprendre sans subir une fiscalité écrasante.

    Aujourd’hui, après avoir généré plusieurs millions d’euros et vécu aux quatre coins du monde, je vous partage mon expertise pour vous aider à créer un business rentable et choisir le pays qui correspond à vos valeurs, tout en optimisant votre fiscalité.